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Editeur Responsable : M. Coch
rue de Livourne 25 - 1050 Bruxelles

 

 

         
Faire ses courses, effectuer des démarches administratives, se rendre chez le médecin ou conduire ses petits-enfants à l'école... la voiture est peut-être, voire probablement indispensable dans la vie de tout un chacun …

 
Evolution de la conduite des seniors

Les conducteurs de plus de 65 ans représentent un cinquième des conducteurs sur la route.
65 % des pensionnés possèdsent un véhicule et 75% d’entre eux considèrent la conduite automobile comme une activité primordiale ou très importante.

Leur kilométrage parcouru annuellement a augmenté de près de 25% en dix ans. Même si les seniors ne circulent plus pour aller travailler, la voiture est beaucoup utilisée pour rendre visite à la famille, aux amis, faire les courses dans les centres commerciaux à l’extérieur des villes, … Ils prennent également souvent la route pour des excursions d’une journée, un WE ou encore tractent une caravane ou un camping-car pour des voyages plus ou moins longs.

Selon les statistiques, le nombre de conducteurs seniors va s’accroître d’ici 2030 avec tous les baby-boomers (nés après la seconde guerre mondiale) encore sur la route, en plus de tous les autres.

Le senior et sa voiture, un lien indissociable ?

Que l’on n’ait plus de voiture faute de moyens ou faute d’aptitudes physiques suffisantes qui ne permettent plus une conduite sécurisante, les résultats sont identiques. Pour de nombreuses personnes, ne plus pouvoir disposer d’une voiture équivaut à une perte d’autonomie, une perte de mobilité et même une perte de liberté.

Dans la plupart des cas, perdre toute possibilité de déplacement personnel nécessite la création  d’un réseau social dans l’entourage. Car à défaut d’aide de la famille, d’amis ou de voisins, on peut rapidement se retrouver fort isolé, à fortiori si on habite à la campagne.

Tout dépend bien évidemment de la situation personnelle de chaque individu, de l’endroit où il vit, de ses besoins en déplacement, ...

A tout âge, la conduite nécessite une grande prudence puisque les risques d’accident s’accentuent  avec la circulation de plus en plus dense sur les routes.

Si au XXIe siècle on n’est pas vieux à 70 ans, il faut garder toutefois à l’esprit que la conduite exige de bonnes capacités physiologiques et cognitives et que les performances psychiques, sensorielles et motrices diminuent avec l’âge.
Sur la route, cela se traduit par une prise de conscience des dangers plus tardive, des temps de réaction en termes de freinage ou de prise de décision plus lents, la vue qui baisse, l’ouïe qui se détériore, ...
Il s’agit là d’un phénomène tout à fait naturel !

En restant attentif à son état personnel, un senior est tout à fait apte à conduire longtemps. Pour cela, il suffit de conserver ses capacités de conduite le plus longtemps possible, utiliser des astuces pour faciliter la conduite, surveiller sa santé, etc

Pour conserver ses capacités de conduite, il est conseillé de

  • varier les trajets de conduite
  • pratiquer 30’ d’exercice par jour 
  • entretenir ses capacités psychiques, intellectuelles : lire, écrire…
  • surveiller sa santé (être attentif aux troubles de l’audition, à la perte de vision)

Pour faciliter la conduite, on peut

  • préparer son itinéraire si la destination est inhabituelle
  • être bien reposé avant le départ
  • faire le vide dans son esprit (se débarrasser des soucis et du stress)  
  • ne pas prendre de médicaments qui pourraient altérer la vigilance
  • prendre un repas léger et ne pas boire d’alcool avant le départ pour éviter la somnolence
  • faire quelques pauses si le trajet est un peu long
  • utiliser une voiture avec une boîte de vitesses automatique

Conduite et problèmes de santé, compatibles ?

Certains problèmes de santé ou la prise de certains médicaments peuvent influer directement sur l’attention, les réflexes et sur la conduite en général et représenter ainsi un danger pour soi-même et les autres usagers de la route.

Dès 45 ans, chacun d’entre nous est concerné par la presbytie, plus tard par une réduction du champ de vision qui va passer de 180° à 50 ans à 120° à 70 ans et 100° les années suivantes et également par un besoin accru de luminosité.
Bien sûr, d’autres problèmes visuels peuvent augmenter les risques tels que cataracte, glaucome, dégénérescence maculaire,  …

L’ouïe s’altère également au fil des années. Or, au volant, la première perception d’un danger est auditive (sirènes des véhicules d’urgence, coups de klaxon, bruits de freinage brusque, bruit d’une voiture ou d’une moto dépassant à vive allure, etc...).

Tout autre souci de santé tel que le diabète peut rendre la conduite risquée (crises d’hypoglycémie possible et si le taux de sucre n’est pas stabilisé) ; des raideurs musculaires où la rigidité cervicale, l’arthrose et autres rhumatismes réduisent la mobilité articulaire et augmentent le temps de réaction.

Une défaillance intellectuelle provisoire ou définitive entraîne des difficultés de reconnaissance de lieux ou d’itinéraires. Les personnes souffrant d’un tel handicap peuvent représenter un danger pour eux-mêmes mais aussi pour les autres usagers de la route.
C’est la raison pour laquelle les personnes qui ont subi un grave traumatisme cérébral reçoivent le conseil de leur médecin de remettre leur permis de conduire à l’autorité communale.  Ils pourront récupérer leur permis soit sur base d’une attestation médicale fournie par leur médecin traitant (pour les personnes qui ont récupéré toutes leurs facultés), soit une attestation fournie par le CARA, département de l’institut belge pour la sécurité routière après une évaluation par tests (pour les personnes ayant gardé des séquelles physiques ou neurologiques).
Les attestations peuvent stipuler des adaptations, conditions et /ou restrictions pour le candidat au permis qui seront reprises sur le permis de conduire.

La médication peut provoquer de la somnolence, une altération des capacités de jugement, de la vision, des étourdissements, une diminution de la rapidité des réflexes, des vertiges, …
Attention, les tranquillisants, somnifères et antidépresseurs ne sont pas les seuls en cause. Les sirops contre la toux contenant de la codéine ou ses dérivés, les médicaments contre le rhume, la douleur, les rhumatismes ou même pour le cœur peuvent provoquer une somnolence incompatible avec la conduite ou tout simplement altérer les capacités de conduite !

En conclusion, chaque conducteur qui a subi un problème de santé ou pris un médicament devrait toujours s’informer auprès de son médecin généraliste, du spécialiste ou encore du pharmacien pour voir si la conduite automobile est possible.

Quelques recommandations en résumé …

  • Demandez conseil à votre médecin et/ou à votre pharmacien. Ils doivent vous donner une information claire sur les possibles effets secondaires des produits prescrits. Ils peuvent éventuellement vous conseiller de prendre votre traitement à une autre heure ou de l'interrompre temporairement pour un trajet.
  • Lisez attentivement la notice d'utilisation
  • Ne buvez pas d’alcool, il peut modifier les effets des médicaments.
  • Arrêtez de conduire si vous ressentez les effets indésirables des médicaments.
  • Rappelez-vous que ces effets vous concernent en tant qu’automobiliste ou motocycliste, mais aussi en tant que cycliste ou piéton !

 Capacités amoindries : que faire ?

L’expérience de la conduite, une adaptation du comportement  (vitesse réduite, choix d’heures et de trajets « tranquilles ») peut compenser les baisses de performances.

Mais n’oubliez pas que la conduite, ça s’entretient !

Si vos capacités diminuent, adaptez votre conduite et soyez très vigilant …

  • prenez le volant pendant les heures creuses de trafic
  • limitez-vous à des itinéraires familiers
  • évitez les difficultés (ne pas conduire pendant les intempéries, la nuit où la visibilité est moins bonne)
  • conduisez accompagné d’une personne qui pourrait éventuellement prendre le relais en cas de fatigue ou de stress, vous en serez plus à l’aise
  • laissez une bonne distance entre votre véhicule et celui qui vous précède pour avoir le temps de freiner en cas de besoin
  • regardez dans les rétroviseurs avant de vous positionner afin de vous assurer qu’aucun véhicule ne s’apprête à vous dépasser
  • signalez votre intention de manœuvre dès que possible
  • activez, si vous devez laisser passer les véhicules qui viennent en face, vos feux stops pour bien signaler aux véhicules qui vous suivent que vous êtes arrêté
  • si vous ne vous sentez vraiment pas à l’aise, le plus simple est de faire un détour pour manoeuvrer dans un lieu plus confortable où vous n’allez pas stresser
  • évaluez-vous régulièrement et objectivement en vous posant une série de questions (voir le paragraphe « Quand s’arrêter de conduire ? »)
  • consultez régulièrement votre médecin généraliste, un ophtalmologue et un oto-rhino-laryngologiste
  • suivez les remarques et mises en garde de votre entourage

Si toutefois, vous ne voulez plus conduire seul :

  • acceptez de vous faire conduire ou utilisez les transports collectifs si cela est possible
  • choisissez un habitat pas trop éloigné des centres ville ou centres commerciaux

Le droit de conduire limité par l’âge ?

En Belgique, le permis de conduire est valide pour une période illimitée mais ce sujet a déjà fait l’objet de débats par quelques politiciens.

Dans d’autres pays européens, les seniors âgés de 70 ans peuvent, soit perdre le droit de conduire (sauf avis médical contraire), soit subir des contrôles médicaux obligatoires, suivre des cours de remises à niveau dès 50 ans, soit doivent renouveler leur permis tous les 3 ans.

Mais il semblerait que le nombre d’accidents impliquant des seniors soit identique dans des pays appliquant des consignes très strictes ou ceux laissant toute liberté aux conducteurs de plus de 70 ans.


La meilleure solution pour les conducteurs seniors est de bien connaître les effets du vieillissement sur leur capacité à conduire, d’adapter leur comportement, d’assimiler les évolutions du code de la route et au besoin se recycler à la conduite théorique et pratique.

Quand s’arrêter de conduire ?

A quel âge ? Il n’y a pas de règle. Cela dépend des aptitudes réelles de chacun. Si vous doutez de votre aptitude à conduire en toute sécurité, un avis extérieur s’impose.

Contrairement à certains pays européens, aucun examen médical n'est exigé à partir de l’âge de 65 ou 70 ans en Belgique pour garder son permis de conduire.

Il est donc de votre responsabilité de vous assurer régulièrement de vos capacités physiques à conduire en allant consulter votre médecin ou du moins vous poser des questions lorsque :

  • vous éprouvez une angoisse à l’arrivée sur un giratoire, des difficultés pour déchiffrer un panneau de signalisation ou voir un véhicule, …
  • votre entourage semble inquiet de vous accompagner,  vos passagers semblent mal à l’aise
  • vous avez des difficultés à éviter les collisions
  • vous avez été impliqué dans des collisions sans gravité
  • les carrefours vous semblent difficiles à aborder, les distances difficiles à évaluer, les piétons difficiles à voir, les panneaux routiers difficile à déchiffrer
  • la coordination des mouvements de vos mains et de vos pieds n’est plus aisée
  • vous éprouvez des difficultés à voir la nuit ou à la tombée de la nuit
  • vous subissez les klaxons réguliers des autres conducteurs

Dans tous les cas, l’avis de votre médecin est essentiel. Faites-lui part de vos préoccupations. Il pourra vous aider à appréhender et déterminer vos limites.  
Il pourrait vous guider vers un spécialiste pour subir quelques tests visuels, auditifs, articulaires ou nerveux, vous conseiller à suivre une formation à la conduite préventive et révision de vos connaissances théoriques et pratiques.

Arrêter de conduire est souvent synonyme de dépendance et de perte d’autonomie. C’est pourquoi, un arrêt progressif est à privilégier.
Vous pouvez commencer par limiter vos déplacements à des itinéraires connus ou familiaux et éviter les grands axes.
Parallèlement, empruntez de plus en plus les autres modes de transport comme les transports en commun quand cela est possible dans votre région bien sûr.

Le conducteur senior et les assurances

Cette arrivée massive de seniors sur la route fait-elle peur aux compagnies d’assurances ?
Les conducteurs seniors représentent-ils une catégorie à risque que certaines compagnies profitent de la moindre occasion pour les supprimer de leur clientèle ?

Pourtant, les conducteurs âgés sont bien plus prudents que les autres catégories d’âge.
En effet, ils conduisent moins vite, sont contrôlés moins souvent positifs au test d’alcoolémie.
Ils évitent de conduire dans des conditions difficiles : trajets nocturnes, jours de grands départs et heures de trafic intense, conditions météorologiques défavorables, …


La réticence des compagnies d’assurance vient sans doute de la surreprésentation des seniors dans les accidents mortels ou graves. Cela peut sans doute s’expliquer parce qu’ils sont tout simplement plus vulnérables aux chocs ou blessures subis dans les accidents, le risque de décès croissant en vieillissant.
Mais en tenant compte des kilomètres parcourus annuellement, les seniors de plus de 75 ans représentent le même taux de risque que les moins de 25 ans tout en ayant un style de conduite très différent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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